Visiter une autre Amérique: Robert Frank
Au musée du jeu de Paume, au bout du Jardin des Tuileries, juste face à l’Hôtel Crillon se tient (jusqu’au 22 Mars… vous avez encore du temps et pour la modique somme de 6 euros maximum) une exposition de Robert Frank, à ne pas manquer si vous aimez la photo ET le voyage.
Bien sûr tout le monde en parle (y compris Télérama qui en fait sa couverture de la semaine dernière), mais comme je l’ai vu - en vrai - je voudrais témoigner de toute la beauté, l’émotion et l’intérêt de ces quatre vingt et quelques photos. Ce qui n’est pas le cas au passage des photos de SophieRistelhueber qui siègent dans le même lieu…
La beauté, car le noir et blanc fait ressortir l’essentiel du sujet, sans distraction, que certaines photos confinent à l’art et que les lumières grises, brumeuses, un rien tristes voire sinistres sont superbes
L’émotion, car ces photos “volées” montrent des personnages simples mais forts, bourrés d’humanité et des morceaux de paysage qui nous touchent encore plus fort si l’on a parcouru les Etats Unis. C’est d’ailleurs comme cela que Robert Frank, aidé par une bourse d’une fondation, a fait ses photos, au hasard de ses rencontres durant deux années de périple
L’intérêt, car cette vision de l’Amérique du milieu des années 50 est instructive, entre misère d’après guerre en particulier dans la population noire (dorénavant afro-américaine mais les difficultés sont toujours là…), exagération d’Hollywood ou de Graceland et simples vies. pas si lointaine de ce que l’on pourrait encore voir en 2009.
Terminons par cette phrase de Kerouac, après sa découverte de cette série de photos: “Je ne pensais pas qu’on pouvait saisir avec des photos des choses que les mots sont incapables d’exprimer”...Voici le rêve de chaque photographe sans doute…..
février 27th, 2009 at 16:02
C’est la lecture de cet article qui m’a donné l’envie de visiter l’expo, à Paris. Je ne l’ai pas regretté, malgré la longue attente dans le froid. Merci René !